dimanche 6 avril 2008

Première semaine

Voilà presque une semaine que je suis à Cambridge et ce n'est que maintenant que je me mets à écrire. Pourquoi ? Il faut dire que, contrairement à mon arrivée à Singapour, je n'ai pas eu de choc culturel : Cambridge est une ville tout ce qu'il y a d'européenne, un centre ville avec des veilles pierres partout et si les gens ne parlaient pas anglais, on se croirait vraiment dans une petite ville française (on va dire une ville bretonne à cause des toits noirs et du ciel gris). Y a des restos italiens, indiens, chinois, espagnols, français, ... de partout. Il y a aussi des pubs partout, mais ça, ça ne change pas trop de rennes. Le ciel est gris-bleu, mais il ne pleut pas (sauf quelques grêlons hier après-midi). Y a un marché ou il vendent du fromage et même du saucisson (bon j'ai mis plusieurs jours pour le trouver, mais maintenant je sais où il est et mon garde manger est bien rempli).

Bon, on va essayer de commencer par le début : je suis arrivé lundi soir dernier. J'avais réservé une chambre chez Juliet, une cinquantenaire sympathique, écolo, dont les enfants ont grandi, se sont mariés et ont quitté la maison, laissant derrière eux deux chambres vides qui sont maintenant occupées par des étudiants de passage. La mienne fait une taille raisonnable, mais comparé aux différentes maisons occupées à Rennes, je me sens quand même un peu à l'étroit. Et surtout, je ne me sens pas trop chez moi. Je suis donc en train de chercher un nouvel appart rien que pour moi. J'espère y déménager d'ici quelques deux semaines (apparemment, c'est largement possible de trouver quelque chose de bien en si peu de temps).

Le mardi, je suis allé à mon nouveau boulot, dans la boite X. pour ne pas la nommer (il parait qu'il faut faire attention à ce qu'on raconte sur les blogs quand on bosse dans le privé). On a passé la journée à configurer mes deux machines pour pouvoir faire marcher le logiciel que je vais développer. J'ai aussi eu mon premier entretien avec mon boss, qui m'a dit que j'allais mettre un peu de temps à comprendre comment tout marchait, donc qu'au début il allait me dire plus ou moins ce que je devais faire, mais qu'après je serais libre de bosser sur ce que je voulais. Ca me plait bien comme plan, mais j'attends de voir ce que ça veut dire dans les faits. Sinon, je suis dans un grand open-space, avec tous les gens de X. (une cinquantaine de geeks mâles et trois assistantes qui les dorlotent). Et je suis dans le coin des gens qui font du ocaml, on est 8 en tout à en faire. Le reste, c'est des gens qui trifouillent dans les entrailles des noyaux linux et des drivers de toutes sortes. Bref, je suis entourés par plein de spécialistes en OS qui sortent en majorité de l'université de cambridge et qui bossent depuis plus de 3 ans sur le logiciel. Va falloir que j'assure ...

Mercredi et jeudi, j'assiste à une formation pour les nouveaux employés de C., la grosse boite qui a acheté X. récemment. La, la foule est plus bigarrées. Y a plein de messieurs en costards (dont certains coiffés de crêtes gélifiées ... la tektonik aurait-elle percée dans le milieu des affaires de Londres ?) et des dames en tailleurs qui font de la vente ou qui s'occupent d'affaires juridiques. Et j'apprends que le Logiciel (avec un grand L) est là pour faire marcher le Business (avec un grand B), et plein d'autres trucs sympas du même genre. Ca parle aussi de stock-options et de shared-trucs, de trucs à dire quand on nous demande : "mais au fait, qu'est-ce-que vous faites à C. ?" (il faut répondre en faisant des dessins où les utilisateurs font des sourires, tout est expliqué en détail), etc... Bref, c'est très chiant. Heureusement, je ne suis pas le seul à trouver ça chiant : tous les gens qui viennent de X. (les développeurs) et des techniciens qui viennent de Dublin et qui ont commencé à bosser pour C. depuis plusieurs mois pensent comme moi. Ces collègues sympathiques me font découvrir les joies de la bière à l'anglaise, qui commence à se déguster vers 17h pour finir vers 23h. Faut que je m'habitue, apparemment, c'est les horaires habituels.

Vendredi, je commence à modifier quelques bouts de code du logiciel qu'on développe, pour afficher mon premier "hello world" dans les logs. Ca marche. Youpiii. C'est cool d'être dans un open-space, on peut interrompre à tout moment les gens à côté pour leur poser plein de questions et c'est ce que je fais. Sinon, y a un coin café avec plein de trucs à boire où à manger : y a même une machine à expresso. Les gens râlent parce qu'avec le rachat de C., il n'y a plus de bonbons ni de chips. Mais le ravitaillement devrait revenir bientôt, il faut juste que la transition se fasse avec le nouveau fournisseur de bonbons, j'imagine... Enfin tout ça pour dire que l'ambiance est plutôt bon enfant, les gens sont pratiquement tous des ex-thésards qui ont l'habitude de faire ce qu'ils veulent et ils continuent de fonctionner comme ça dans la boite. J'espère (et eux aussi d'ailleurs) que ça va continuer comme ça malgré le rachat par C. La journée se termine par une bière au pub avec quelques collègues de boulot. Puis je vais manger dans ce qui, je pense, va devenir mon repaire : un pub qui fait de la bouffe chinoise super bonne, juste à côté de chez moi. Ca fait deux fois que j'y vais, la bouffe est très bonne et le patron est très sympa.

Samedi. Grasse matinée, je commence à reprendre un rythme normal, après les quelques semaines de gros speed que je viens de passer. Que c'est bon de rien faire et de ne rien avoir à faire de manière urgente ... l'après-midi je vais à borders, une grosse librairie en centre ville, et je me décide à acheter mon premier livre anglais que je vais m'obliger à lire jusqu'au bout : je choisis un roman de sf d'un auteur que je connais bien, le livre fait 1143 page, mais je suis motivé. D'ailleurs j'ai commencé à lire et en fait je comprend assez bien. Je lis presque aussi vite que si c'était en français : je saute les mots que je ne comprend pas, mais bizarrement, comprendre 90% des mots d'un livre suffit pour suivre assez bien ce qui se passe (même si dès fois il faut lire plusieurs fois le même passage pour bien tout comprendre).

Dimanche. Grasse matinée, encore. Puis je vais au marché, pour acheter du saucisson d'auvergne. Bon c'est un peu cher, comparé aux saucissons français, mais c'est ma drogue alors je n'ai pas trop le choix ... J'achète aussi du pain français sur le même marché, puis je prend un petit "iced mocha" au starbucks café du coin. Et je décide enfin de me lancer dans l'écriture d'un blog.

Voilà voilà, amis lecteurs, le début d'une nouvelle aventure. Elle risque d'être moins trépidante que l'histoire singapourienne, mais qui sait ce qu'il peut arriver au pays des tasses de thé ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Très sympa, j'espère que le moral va. Généralement ces phases de transition sont accompagnées d'un gros vague à l'âme assez difficile à contenir, qui mûte avec le temps. Et, tout aussi bizarre que cela puisse paraître, la nature humaine à tendance à vouloir écouter de la musique toute aussi sensible pour alimenter se mal-être et l'entretenir histoire de bien en chier et bien réaliser que la page est belle et bien tournée... Là c'est pas une page, c'est plutôt une feuille un peu plus rigide même peut-être cartonnée qui sépareraît un chapitre tout neuf, qu'on veut dévorer à pleines dents, d'un autre chapitre, tout juste digéré, encore un peu sur l'estomac ;)

Je partage tes plaisirs, je reviens d'Espagne pays, lui aussi, envahi par l'empire Starbucks... J'ose l'avouer, leur Frapuccino moka sont bougrement appétissants et assez salvateurs.

Grosse bise Thomas et à très bientôt, plein de courage.

Thomas a dit…

Cher poète anonyme (Yves ?),

je te rassure, je n'ai pas de vague à l'âme pour le moment. Juste de la curiosité et l'envie de découvrir cette nouvelle ville et vie. Enfin, pour le moment j'ai surtout l'impression d'être en déplacement temporaire et j'ai un peu de mal à me faire à l'idée que je suis ici pour plus d'un an.